Échecs Spatiaux
Extrait de Un Guide des Échecs Féeriques, pages 16–18
Les jeux ou problèmes sur des échiquiers de plus de deux dimensions sont regroupés dans la catégorie Échecs Spatiaux. Selon T. R. Dawson (Chess Amateur, juillet 1926, p. 315), l’idée de jouer aux échecs dans plus de deux dimensions existe depuis les temps les plus anciens.
La plus ancienne référence historique connue se trouve dans la Deutsche Schachzeitung 1878, page 117, où l’on dit que Kieseritzky a montré son « Échecs Cubiques » (Kubikschach) nouvellement découvert à Anderssen lors du tournoi de Londres de 1851.
Plus de cinquante ans plus tard, le 3 mars 1907, le Dr. Maack de Hambourg a conçu l’idée des Échecs Spatiaux (Raumschach) tout à fait indépendamment, et a élaboré la « Forme Normale ».
Son livre Das Schachraumspiel: Dreidimensionales Schachspiel a été imprimé en 1907 ; Spielregeln zum Raumschach et Raumschach: Einführung in die Spielpraxis ont suivi respectivement en 1913 et 1919. Il a fondé le Club des Échecs Spatiaux de Hambourg, dont MM. Hans Klüver et W. Roese étaient des membres éminents. T. R. Dawson a publié son premier problème tridimensionnel dans le British Chess Magazine en 1915.
Nous traiterons ici de la Forme Normale des Échecs Spatiaux.
La description la plus complète et la plus détaillée des Échecs Spatiaux en anglais est celle donnée par T. R. Dawson dans six numéros consécutifs du Chess Amateur en 1926, commençant en juillet, dans la rubrique « Half Hours », à la page 315 du Vol. XX, et se terminant en décembre à la page 93 du Vol. XXI. On peut trouver une autre description, plus courte, par T. R. Dawson dans Caissa’s Fairy Tales à la page 33, et une version très brève et condensée par lui à la page 14 du FCR 6/3/déc. 1945, qui omet le Cavalier. Nous donnons ici une description basée sur celle donnée p. 17 par T. R. Dawson dans « Elements of Fairy Chess », FCR 5/5/p.40 et dans le Chess Amateur de 1926.
On trouve également une description dans Les Jeux d’Échecs Non Orthodoxes de J. Boyer aux pages 75/76. Boyer dit, à tort, que les pions peuvent faire un premier mouvement de deux cases, mais dans toutes les descriptions de T. R. Dawson, il est bien clair que les pions n’ont qu’un mouvement d’une seule case au premier coup, et qu’il n’y a donc pas de prises en passant. Mais un premier mouvement de deux cases peut être accordé par le compositeur.
Les pièces sont les pièces habituelles plus une LICORNE, qui est un Fou tridimensionnel.
La Forme Normale se joue dans un Cube Spatial de 5×5×5 de 125 Cellules. Chaque pièce occupe une cellule. La Tour se déplace à travers les faces des cellules (parois latérales, sol et plafond) Aa1 vers Ab1, Ac1, Ad1, Ae1 ou vers Aa2, Aa3, Aa4, Aa5 ou (comme un ascenseur dans un immeuble de cinq étages) vers Ba1, Ca1, Da1, Ea1. Le Fou se déplace à travers les arêtes des cellules, Aa1 vers Ab2, Ac3, Ad4, Ae5 ou vers Ba2, Ca3, Da4, Ea5 ou vers Bb1, Cc1, Dd1, Ee1. La Licorne (L) se déplace à travers les coins des cellules Aa1 vers Bb2, Cc3, Dd4, Ee5. Les précédentes sont toutes des pièces à glissement, se déplaçant de toute distance libre, sous réserve d’interception. La Dame combine la Tour, le Fou et la Licorne. Le Roi se déplace comme une Dame, mais seulement par mouvements d’une seule case. Le Cavalier se déplace partout comme le Cavalier orthodoxe, sur les coordonnées 1-2, 2-1 ; depuis Aa1 il se déplace vers Ab3, Ac2, Ba3, Bc1, Ca2, Cb1. Les pions se déplacent en ligne droite par mouvements d’une seule case et capturent en diagonale par mouvements d’une seule case, toujours vers leur rangée de promotion, sans premier mouvement de deux cases.
La position initiale est :
Le Cube Spatial est représenté diagrammatiquement par une colonne de cinq diagrammes, chacun de 5×5, les uns au-dessus des autres sur le papier (appelé un MODÈLE SPATIAL), comme dans les deux modèles, n° 41 et 42, qui donnent tous les mouvements disponibles depuis Cc3 pour toutes les pièces concernées — le Roi et les Pions dans le n° 42, les autres dans le n° 41.
Pour visualiser les mouvements, on peut considérer le Fou comme descendant ou montant par marches un escalier construit le long des rangs ou des colonnes (c’est-à-dire un mouvement bidimensionnel), tandis que la Licorne descend ou monte par marches un escalier coupant en diagonale à la fois les rangs et les colonnes (c’est-à-dire un mouvement tridimensionnel). Étant des pièces à glissement, elles peuvent bien sûr descendre ou monter plusieurs « marches » de l’escalier en un seul mouvement. La Tour n’a qu’un mouvement unidimensionnel ; le Fou et le Cavalier n’ont chacun que des mouvements bidimensionnels ; mais le Roi et la Dame partagent certains mouvements tridimensionnels avec la Licorne, qui n’a que des mouvements tridimensionnels. Les n° 43 et 44 sont des problèmes tridimensionnels.